dimanche 12 août 2012

Gauche Anticapitaliste, texte fondateur


Gauche Anticapitaliste : texte fondateur

Ce texte a été adopté (à l’unanimité moins 2 contre) lors de la réunion des 5&6 novembre 2011 à Saint-Denis.

Introduction

Il ne s’agit pas ici de reprendre l’ensemble de l’analyse de la situation économique, sociale et politique à l’échelle internationale. Les parties communes des thèses des positions 1 et 3 du dernier congrès national du NPA restent valables. Nous assistons aujourd’hui à une accélération de la crise du système dominant à l’échelle planétaire : crises économiques et financières, crises sociales, crises politiques, crise écologique, crises de société qui se succèdent et s’entremêlent avec leurs cortèges de menaces catastrophiques pour le plus grand nombre : guerres, répressions, attaques contre les libertés, chômage massif, xénophobies et nationalisme. Tout l’arsenal réactionnaire est utilisé pour dresser les peuples les uns contre les autres, pour diviser les victimes de ces crises entre elles afin de réduire leurs capacités de résistance et de solidarité. Dans les pays dominants, la crise est d’une ampleur historique et connaît des rebondissements successifs. Elle menace de se traduire à nouveau par une récession dont l’issue pèsera fortement sur les classes populaires et un effondrement du système bancaire. Les classes dominantes ne sont pas sûres de pouvoir la contrôler, d’autant qu’en leur sein plusieurs approches contradictoires s’affrontent. Leur seul point d’accord est que la dette publique des États légitime partout la suppression généralisée des services publics, des prestations sociales, la remise en cause durable des acquis sociaux de l’ensemble de la population : baisse des salaires, suppression du nombre de fonctionnaires, remise en cause de l’école, de la santé, des systèmes de protection sociale. Les plans d’austérité se succèdent dans tous les pays capitalistes avancés, avec l’objectif évident de faire payer la crise au plus grand nombre. La crise que les dominants
veulent faire payer aux populations d’abord au Sud mais aussi au Nord est également une crise écologique majeure dans l’histoire de l’humanité. Le capitalisme se révèle incapable de prendre en charge, dans l’intérêt de l’immense majorité de la population, la crise écologique planétaire qu’il a générée. Alors que le sommet de Copenhague de 2009 avait permis de montrer à la face du monde l’ampleur de la crise climatique et l’incapacité des Etats et des institutions internationales à y faire face, les prévisions quant au réchauffement de la planète ne cessent de se confirmer dans leurs hypothèses hautes. Tous les voyants sont rouges : effondrement de la biodiversité, crise de l’eau, érosion des sols, pollution chimique généralisée, etc. Mais cette question ne semble désormais plus être à l’agenda des grandes puissances, et les mouvements sociaux peinent à l’intégrer dans leurs revendications et leurs programmes. La crise agricole et alimentaire est également des plus préoccupantes, provoquant des catastrophes humaines, comme actuellement dans la corne de l’Afrique, et la spéculation sur les matières premières constitue un facteur à la fois de paupérisation et de révolte dans les pays du Sud ; sans la prise en compte de cette question, notre compréhension des révoltes arabes est incomplète. Plus globalement, ces différents aspects de la crise écologique posent la question de l’appropriation privée et la spéculation de secteurs clés de l’économie mondiale, la terre et l’énergie. Dans ce contexte, la catastrophe de Fukushima remet en question, y compris pour les capitalistes, le choix d’une énergie non maîtrisable à 100 %, aux conséquences mortifères. La voie du « capitalisme vert » sera sans doute la façon choisie par les multinationales et certains gouvernements avec l’instrumentalisation de la crise écologique pour imposer des attaques redoublées contre les conditions de vie et de travail des exploité-es au nord comme au sud. Mais le capitalisme vert ne répondra ni à l’essentiel des défis environnementaux ni à l’exigence de justice sociale qui doit accompagner la prise en compte de l’écologie sous peine de cautionner autoritarisme et barbarie. Il faut donc radicalement remettre en cause ce modèle de développement productiviste, consumériste, de la course effrénée à la production de biens, sans considération pour la qualité de vie dans des conditions environnementales supportables. Il est temps qu’une force anticapitaliste prépare cette remise en cause profonde et fédère des projets de société alternatifs en étant capable de lier les intérêts écologiques de la majorité de la population et des salarié-es. La mondialisation de l’économie a créé des interdépendances complexes et multiples qui remettent durablement en cause toute « sortie » de crise par des mesures prises dans un seul pays. L’imbrication mondiale de l’économie rend chaque pays dépendant de son voisin et donne une place démesurée au système mondial des banques, de la finance, des assurances, des fonds de pension et des multinationales. C’est bien sûr la même chose au niveau environnemental où les effets dominos et induits sont difficilement prévisibles et maîtrisables. Les gouvernements, qu’ils soient de droite ou de gauche, savent invoquer d’abstraites contraintes de l’économie mondiale, pour justifier leurs politiques de régression sociale, alors qu’il s’agit bien des fondements du système qu’ils défendent. La crise mondiale a révélé les contradictions de la construction européenne, en particulier le développement inégal entre les Etats exportateurs du centre et les Etats périphériques. Le surplus des premiers a nourri le déficit courant des seconds, suscitant ainsi un endettement privé massif qui s’est ensuite transformé en endettement public. Dans une zone de change fixe, et en l’absence de véritables transferts budgétaires, les divergences économiques s’accentuent. Cela a fourni l’occasion au capital financier de spéculer contre les Etats les moins « compétitifs ». Cette crise de la zone euro a ensuite été aggravée par les mesures prises pour la résoudre. En 2010, face à la flambée des taux d’intérêt des titres grecs, les dirigeants européens avaient mis en place un fonds européen de soutien financier (FESF) conditionné à des plans d’austérité et au paiement d’un taux d’intérêt élevé. Il avait été demandé au FMI de contribuer à l’élaboration et la surveillance de ces plans de rigueur. Le recours à cette institution et à son funeste savoir-faire visait à convaincre les capitalistes que l’on saurait imposer à des pays d’une zone de change fixe les recettes qui avaient été appliquées au Brésil et à l’Argentine. Mais en allantchercher le FMI, et en lui livrant les États en difficulté, l’Union européenne a signifié qu’elle n’existaitpas réellement, que seuls les États existent. Et cette gestion de la crise n’a fait que conforter les spéculateurs dans leur analyse : l’UE sert essentiellement à placer les États dans une dépendance totale vis-à-vis des marchés financiers. La spéculation n’a d’ailleurs pas tardé à reprendre. L’Irlande puis le Portugal en ont fait les frais. Enfin, des plans de rigueur adoptés dans tous les États membres ont engendré de terribles régressions sociales et un ralentissement économique général porteur d’une nouvelle hausse du chômage. Face à la gravité de cette situation, et à la montée de l’extrême-droite dans plusieurs pays, il est urgent de proposer une alternative à l’échelle européenne avec l’ensemble des organisations européennes de la gauche antilibérale et anticapitaliste. Les campagnes contre les plans d’austérité, les mobilisations pour l’audit des dettes publiques, les initiatives des Indignés, sont autant de points d’appui pour un mouvement d’ensemble. Après avoir laissé s’installer partout le chômage et la précarité, les dominants organisent la stigmatisation des chômeurs en parlant sans cesse de leur responsabilité individuelle pour mieux cacher l’irresponsabilité collective qui a mené à la crise économique et sociale. Depuis quelques années, la prise de conscience du caractère mondial des agressions capitalistes et des intérêts communs des populations a grandi et mûri, notamment au travers des mouvements altermondialistes. Même si pour partie leur force propulsive s’est atténuée, ceux-ci ont été capables d’aborder tout autant les questions écologiques que celles du service public, des biens communs, les questions de solidarité internationale, de répartition des richesses, du droit à la libre circulation des travailleurs face à la liberté de circulation des capitaux. Ils ont eu l’immense mérite de donner une nouvelle crédibilité à la nécessité, à la possibilité d’un autre monde. C’est aujourd’hui incontestablement à nouveau le cas pour le mouvement des Indignés. Ce renouveau des mouvements de masse n’a pas seulement remis en cause l’idéologie dominante qui, à la suite de la chute du mur de Berlin, assénait que le capitalisme était un horizon indépassable. Il s’est aussi accompagné d’un renouveau des réflexions et des débats stratégiques sans pour autant permettre, à ce stade, de renouer les fils (ou de nouer de nouveaux fils) d’une stratégie révolutionnaire globale, crédible à une échelle significative. Les références aux révolutions du siècle dernier s’avèrent insuffisantes et ne sauraient constituer un modèle qu’il suffirait de reproduire mécaniquement, même si elles constituent un bagage historique qu’il ne s’agit pas d’ignorer. Trop de questions fondamentales ont été posées au travers de leurs cuisants et dramatiques échecs pour que ne soient pas sérieusement réinterrogées toutes les questions stratégiques liées à la remise en cause radicale du capitalisme. En réaffirmant l’objectif commun, il s’agit donc de poursuivre le débat sur les moyens d’y parvenir. Notre combat se situe dans le prolongement du projet initial du NPA. Dans cette perspective, nous voulons œuvrer à la redéfinition nécessaire du socialisme du XXIème siècle, un « écosocialisme » qui réponde autant à la question sociale qu’à l’urgence écologique et aux exigences de démocratie. Nous estimons en effet nécessaire de reformuler ce qui était au plan stratégique un des aspects les plus importants du projet initial du NPA et qui semble bien en panne actuellement. Nous nous fixons comme but à l’échelle nationale comme internationale le renversement du capitalisme, la destruction de ce système économique et social qui repose sur les inégalités, le pillage des ressources naturelles, la pollution de l’environnement et la recherche du profit maximum pour quelques-uns. Il est illusoire de croire que réformer ce système permettra d’assurer la démocratie et le bien-être de toutes et tous. Pour renverser ce système, nous pensons qu’il faudra de formidables mobilisations populaires, une révolution sociale affrontant le pouvoir des possédants. Nous voulons cependant laisser ouverte la question des moyens de renverser ce système. Regrouper dans un cadre politique commun, sans préjuger des formes qu’il prendra, toutes les forces politiques et toutes celles et ceux qui ne se résignent pas est un processus d’autant plus vital que de possibles accélérations brutales des crises financières, économiques, sociales et écologiques peuvent entraîner des bouleversements politiques et sociaux de grande ampleur dont les conséquences peuvent être désastreuses en l’absence d’une force politique qui représente une alternative au libéralisme et au social-libéralisme.

Enjeux actuels

Aujourd’hui, face à la déferlante des mesures anti-ouvrières prises dans la zone euro, des mobilisations de résistance se déploient dans de nombreux pays d’Europe, mais sans être encore parvenus à se coordonner et à atteindre un niveau de rapports de force suffisant pour faire plier les gouvernements au service des intérêts des financiers, banquiers et autres actionnaires. Le mouvement des Indignés né dans l’état espagnol, par exemple, a fait tache d’huile et s’étend à de nombreux autres pays, en premier lieu la Grèce. Il représente une jeunesse radicalement opposée à un système qui a pu décider de rayer son avenir d’un trait de plume, et qui cherche des réponses à la hauteur des enjeux, dans une logique de défiance à l’égard de toutes les institutions qui sont parties prenantes du système contesté : partis politiques et organisations syndicales dans la plupart des pays, la gauche étant souvent au gouvernement et les syndicats majoritaires ayant souvent signé des accords couvrant les plans d’austérité. Des formes plus radicales, et prenant des allures d’insurrection urbaine, touchent également la masse des victimes du système, ceux et celles qui « n’ont plus rien à perdre ». La récente mobilisation internationale du 15 octobre a été un succès sans précédent qui pose à une échelle jusque-là inégalée la question d’une contestation globale du système. Elle touche à présent des pays comme les USA avec des formes radicales inédites depuis longtemps. Et même en France, où la mobilisation des « Indignés » n’a pas encore trouvé sa place, la jeunesse s’était très largement illustrée dans de nombreuses mobilisations. Depuis le début du mandat Sarkozy, des mobilisations d’ampleur ont touché les facs (LRU1&2) et les lycées (suppressions de postes, réformes Darcos, Chatel, retraites). Le mouvement des retraites a montré, principalement dans les lycées, qu’il existait un réel ras•le-bol de ce système, de Sarkozy et de ses réformes. Effet réfracté de la crise économique, alors que les dictatures corrompues des pays arabes ont délibérément ruiné leurs peuples pour s’approprier les richesses produites, des révoltes décidées etrésolues se sont muées en révolutions pour obtenir en Tunisie et en Égypte le départ des affameurs. Les processus révolutionnaires du monde arabe ne cessent de s’étendre suivant l’exemple de la Tunisie et del’Égypte, notamment en Libye et surtout en Syrie. Même si en l’absence d’alternative politique, des forces réactionnaires se réorganisent et prennent parfois un certain ascendant, ces processus posent, à l’échelle d’une partie du monde, les questions de démocratie en les liant à des questions sociales, remettant en cause les systèmes de corruption hérités du colonialisme dont les grandes puissances se satisfaisaient en gardant la mainmise sur le pillage organisé du tiers-monde. Un nouveau parti anticapitaliste devrait s’emparer des problématiques posées par ces nouvelles formes de radicalités, l’échec du NPA dans la jeunesse en est une des illustrations : avant de chercher à trancher sur telle ou telle question programmatique, d’intervention ou stratégique, cherchons à rassembler ceux qui se révoltent face au système capitaliste et acceptons de laisser certaines questions en débat. De nouvelles perspectives s’ouvrent donc dans les premières années de ce siècle, posant de nouvelles questions stratégiques à une échelle de masse et dressant de nouveaux défis aux forces anticapitalistes. En France, nous assistons chaque jour un peu plus au discrédit du sarkozysme qui multiplie les remises en cause des acquis sociaux, dans la droite ligne de la politique des gouvernements de la zone euro, une droite qui est souvent en première ligne dans la mise en place de la politique réactionnaire menée par l’Union européenne, une droite guerrière, engagée sur plusieurs front militaires, dans plusieurs guerres, aux côtés des autres forces impérialistes de la planète, une droite empêtrée dans de nombreuses affaires. Elle adopte un profil et un discours sécuritaires, racistes et xénophobes, dans l’objectif de diviser celles et ceux qu’elle veut encore davantage dépouiller, et d’accentuer la marginalisation des habitants des quartiers populaires. Mesures anti-immigrés, criminalisation des origines, discrimination au faciès, diabolisation spécifique d’une religion, vont ainsi de pair avec la remise en cause du droit à la santé, à l’école publique, à l’emploi, avec la suppression des postes de fonctionnaires ou la réduction drastiques des budgets d’aide sociale. Ces thèmes sécuritaires, racistes ou xénophobes trouvent un écho dans une partie des couches populaires dans la situation de crise économique et sociale actuelle. Il existe aujourd’hui de plus en plus de porosité entre la droite et l’extrême droite. La percée du Front National et son influence sur le monde du travail (même si sa réalité et son ampleur demandent à être vérifiées autrement que par des sondages ou des enquêtes partielles) sont significatives de la profondeur de la crise, et s’expliquent en partie par l’absence d’une alternative anticapitaliste de gauche crédible et l’échec des récentes mobilisations sociales dans notre pays. La prochaine élection présidentielle et les législatives qui suivront permettront de cerner plus précisément la nature et la portée de la mutation qui est à l’œuvre dans ce parti de type fasciste. Le Front National s’est banalisé et se pose désormais ouvertement comme candidat à exercer le pouvoir au niveau local, régional et national et prétend intervenir et exercer son influence dans toutes les sphères de la société, y compris les organisations syndicales. Sans attendre nous devons réaffirmer la nécessité de mener la lutte contre la menace que représenterait une poussée de l’extrême droite. La gauche libérale est au pouvoir en Grèce, en Espagne et l’était récemment encore au Portugal. Les partis socialistes ne diffèrent pas sensiblement de la droite, tout particulièrement dans ce qui relève du domaine des politiques d’austérité au nom de la dette publique. Ils s’alignent sur les exigences de l’Euro, sur les diktats des marchés financiers et acceptent la logique du capitalisme y compris dans tous ses excès actuels. Le PS en France a soutenu toute la logique institutionnelle de l’Europe capitaliste qui impose aujourd’hui les politiques d’austérité et la réduction des dépenses publiques (donc celle des services publics et de l’ensemble des prestations sociales). Le PS a voté les plans contre la Grèce tout comme l’allongement des annuités pour le droit à la retraite complète. Son programme suit cette logique et, à l’instar de la politique de Jospin en 1997, il n’y a rien à espérer de leur arrivée au gouvernement. Le PS prépare l’alternance social-libérale, espérant être porté au pouvoir par le rejet massif de la droite sarkozyste, qui s’est notamment exprimé par la participation massive à ces primaires. Les différents candidats qui viennent de s’affronter au cours de primaires qui ont suscité un réel intérêt, preuve d’une envie de démocratie et de débats, se réclament du même projet. Le score de Montebourg témoigne cependant d’une aspiration à un réel changement en profondeur, thème qu’il a incarné au cours des débats du premier tour. En même temps l’exercice des Primaires contribue à installer le bipartisme et à conforter durablement l’élection Présidentielle de la 5ème république. Le rassemblement qui se fait maintenant autour du candidat Hollande met le PS en ordre de bataille pour s’efforcer d’apparaître comme la seule solution possible pour chasser Sarkozy et la droite du pouvoir et verrouiller toute opposition à gauche de la gauche. Mais celui qui fut pendant des années – notamment sous le gouvernement Jospin – le chef du PS, est un représentant incontesté du social-libéralisme sans rivage. L’émergence d’EELV, ses succès électoraux témoignent de l’attente d’une réponse politique écologiste, même si cela ne se traduit pas nécessairement par un bon en avant des luttes écologistes, bien qu’il faille analyser la remontée, voire des succès ponctuels, de certaines luttes (lutte antinucléaire, contre les gaz de schiste, contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, poursuite des fauchages d’OGM…). La défaite de Hulot, l’éloignement de Cohn-Bendit, tous deux prêts à subordonner les revendications écologiques sur l’autel d’une alliance avec la social-démocratie (problème qui peut resurgir), voire avec certains partis de la droite modérée, mettent en lumière les contradictions présentes et à venir de ce parti. Celui-ci veut concilier l’inconciliable, la défense de la viabilité de la planète, de ses ressources, avec le développement d’un système économique prédateur et par essence inégalitaire. EE défend l’illusion d’un « nouveau » capitalisme, qui serait capable d’adopter les lignes d’un développement « soutenable » et socialement responsable. De ce fait, tout en se donnant les moyens de négocier des places à l’Assemblée nationale et sans doute au futur gouvernement de gauche, EE défend un programme compatible avec le social-libéralisme. Pour autant, il serait faux de croire que l’ensemble de ses militants soit soumis au social-libéralisme, ce dont nous devons tenir compte. Les succès électoraux et l’absence de profil clairement écologiste dans les forces à gauche de la gauche ont permis de rassembler un certain nombre de personnes voulant défendre une politique clairement écologiste ; les tentatives de renouveler les formes d’organisation partidaires participent également de ce succès.

Une alternative anticapitaliste, écologiste et féministe est possible. Il est urgent de la construire.

Il est plus que temps qu’une alternative anticapitaliste et écologiste exprimant les besoins et les aspirations de la population, des jeunes et des travailleurs, ouvrant une perspective à leurs mobilisations trouve les moyens de s’exprimer et de changer le rapport de forces entre celles et ceux qui acceptent le cadre du capitalisme et celles et ceux qui le contestent. Son objectif : être l’opposition unitaire à toute politique d’austérité qu’elle vienne d’un gouvernement de gauche ou de droite.

Avec un programme

Nous réaffirmons notre accord avec les thèmes programmatiques regroupés dans « Nos réponses à la crise », adopté par le premier congrès du NPA. Il veut offrir une perspective de rupture avec la société capitaliste, rupture qui ne pourra être menée que par un mouvement d’ensemble de la population remettant en cause le pouvoir absolu qu’exerce l’oligarchie capitaliste sur la société et posant la question d’un gouvernement démocratique des travailleurs et de la population. Nous refusons de payer la facture de crises qui ne sont pas les nôtres. Face à la crise sociale et environnementale, la transition énergétique, qui prend en charge les différents aspects de la question énergétique, des services publics et de la lutte contre la précarité (habitat, transports, agriculture, industrie…) doit être au cœur de notre projet. Ce projet doit viser à la fois une transition énergétique qui permette de limiter fortement les émissions de gaz à effet de serre et de sortir rapidement du nucléaire, d’organiser une nécessaire conversion industrielle tout en créant massivement des emplois socialement utiles et en améliorant la qualité de vie de la majorité de la population. Ce programme, nous le traduisons en mesures d’urgence que devrait prendre un gouvernement au service des travailleurs. Ces mesures ne suffiraient pas à renverser le système mais, au moins, favoriseraient-elles une adhésion et un soutien des masses populaires et des travailleurs. Elles constituent une base commune à de nombreux courants syndicaux lutte de classe, à de nombreux militant-es d’associations intervenant sur les fronts sociaux fondamentaux comme le droit au logement, la défense des services publics, l’alter mondialisme, l’écologie de combat, l’antiracisme, le féminisme, etc. C’est bien le sens que nous donnons à notre orientation revendicative. Un tel programme porté par des forces politiques unifiées et significatives, serait un puissant point d’appui pour les mobilisations. Voir ANNEXECe programme implique la dénonciation de l’Union Européenne, de la BCE et des multinationales pour construire une autre Europe, celle des travailleurs et des peuples, avec harmonisation par le haut de l’ensemble des acquis sociaux. En France comme dans tous les pays de l’UE il s’agit de s’appuyer sur les idées contestataires qui circulent, de mettre en avant des revendications radicales ancrées dans les préoccupations quotidiennes de la population pour construire des campagnes et des mobilisations de masse: Dans le cadre de ces campagnes, il s’agit pour les anticapitalistes, de populariser des explications sur la crise du système capitaliste et des revendications transitoires de contrôle et d’incursion dans la propriété privée, vers une société éco-socialiste : annulation de la dette, mise en place d’un grand pôle public bancaire public par socialisation des banques, sans indemnité ni rachat. Ce sont des propositions pour l’action, que nous versons au débat qui anime toutes celles et tous ceux qui refusent que la crise soit payée par la majorité de la population. Nous savons qu’une grande partie de ce projet est partagée par des hommes et des femmes, des militants et des militantes du mouvement social, syndical, des mouvements de la gauche radicale et anti-productiviste. Au moment de l’élection présidentielle c’est le pouvoir central qui est en jeu, ce qui implique un accord global sur un programme de rupture pour aujourd’hui qui permette de satisfaire les revendications portées par les mouvements sociaux et de répondre aux aspirations du plus grand nombre. Face aux ravages de la crise, à la politique de Sarkozy et au danger du FN, nous demeurons convaincu-es que la situation politique exige une politique de rassemblement de tous ceux et toutes celles qui n’ont pas renoncé à rompre avec ce système.

Et l’ambition d’une recomposition politique et sociale

Social-libéralisme ou écolo-libéralisme pourront faire bon ménage et leur alliance pourra s’élargir à d’autres courants politiques, y compris sur leur gauche en l’absence d’une alternative antilibérale et anticapitaliste. Pour autant, la possibilité d’une arrivée au gouvernement du PS, qui par ailleurs n’est nullement acquise, n’ira pas sans contradictions et l’application d’un programme libéral, surtout dans ce cadre de crise économique et sociale exacerbée, suscitera réactions, mobilisations et oppositions, tout cela pouvant créer de réelles contradictions au sein du PS et/ou des forces qu’il aura rassemblées autour de lui dans le cadre d’une gestion politique commune des affaires. De ce point de vue, depuis la campagne unitaire pour le « Non au Traité constitutionnel européen », le camp qui défend une politique alternative au social-libéralisme s’est peu à peu constitué et le paysage politique à la gauche du Parti socialiste s’est considérablement modifié. Ainsi le Parti de gauche, né de la scission à gauche d’un courant du parti socialiste, a rapidement occupé une place importante dans le champ politique à gauche de la gauche, en opposition au Parti socialiste et à ses projets socio-libéraux accompagné de la recherche systématique d’unité avec le Parti communiste et de façon différente avec le NPA. Il a également développé un discours « républicain », non sans relents cocardiers, qui nourrit des divergences sur les questions institutionnelles et avec les orientations internationalistes que nous défendons. Mais le Parti de Gauche puis le Front de gauche, ont acquis une place incontestable, ont développé un discours et des propositions marquées à gauche sur l’essentiel et sont devenus un élément important de toute vision dynamique d’une recomposition à gauche de la gauche. Pour partie, l’attraction autour du Front de gauche est le résultat d’une aspiration unitaire à laquelle il répond partiellement et à laquelle le NPA a tourné le dos. La candidature de Mélenchon exerce une certaine attirance du côté de nombreux représentants des mouvements sociaux du fait de l’espoir de la dynamique qu’elle pourrait susciter, et ce malgré des positionnements discutables. Cette aspiration unitaire est le propre de ces nombreux courants politiques, syndicaux, associatifs, mais aussi de tous ceux et de toutes celles qui ne renoncent pas à rompre avec ce système qui, sur la base de l’échec du grand mouvement des retraites, sont à la recherche d’une réponse politique se déportant sur le terrain des élections sans se résigner à l’alternance proposée par le PS. Chez les jeunes, l’unité de la gauche radicale n’est pas forcément la préoccupation majeure, bien qu’elle intéresse les plus politisé-es. Mais avoir une démarche unitaire est liée au fait d’être ouvert, de ne pas considérer la confrontation en bloc comme une fin en soi et l’auto construction comme une nécessité historique. La jeunesse comprend encore moins les différences entre certains courants de la gauche radicale du fait qu’elle connaît peu l’histoire politique du siècle dernier. Chez les jeunes, comme ailleurs, il faut faire émerger une alternative politique, unitaire, ouverte aux nouvelles problématiques et méthodes, radicale et combative, qui soit un débouché aux diverses luttes des dernières années (sociales, mais aussi « culturelles », ou écolo). En ce sens, le Front de gauche puise une partie de sa crédibilité et de ses relatifs succès électoraux sur sa capacité à apparaître comme une alternative faisant le pont entre le social-libéralisme et le NPA. Les limites du Front de gauche n’en demeurent pas moins réelles et les sous-estimer serait porteur de graves désillusions. Des contradictions diverses le traversent. On voit par exemple d’un côté ceux qui veulent préserver leur positions institutionnelles et composent avec le PS et ceux qui aspirent à un positionnement proche du nôtre. La participation du PCF à la plupart des exécutifs des régions, des départements et des grandes villes avec le PS indique les limites de la radicalité affichée le temps d’une campagne électorale L’équipage reste dominé par un PCF qui a fait la concession de laisser au PG la candidature présidentielle, et qui n’ira pas plus loin de sa seule volonté, dans la construction d’une dynamique unitaire qui permettrait de dépasser les composantes initiales et jouerait un rôle décisif dans les recompositions nécessaires. Ainsi, dans la dernière période, le PG a subordonné sa politique à l’acceptation par le PCF de la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Il s’est aussi aligné à plusieurs reprises sur son orientation, refusant d’affirmer une claire indépendance vis-à-vis du PS. Dans les contradictions politiques qui traversent ses composantes, le Front de Gauche et son candidat oscillent entre radicalité antilibérale et ouverture en direction du PS, y compris sur la question de la participation au gouvernement. Le Front de gauche n’affirme pas clairement que le programme du PS est incompatible avec celui d’une gauche 100 % à gauche, qu’il n’est pas possible de négocier avec lui un accord programmatique et de participer à un gouvernement qu’il dirige, même si nous devons nous garder de tout pronostic considérant comme inévitable le ralliement de tout ou partie des composantes du Front de gauche à un gouvernement ou une majorité parlementaire social-démocrate. Coexistent dans le front de gauche des options différentes qui restent donc ouvertes. Le Front de gauche ne considère pas cette question, à ce stade, comme discriminante et considère possible de cohabiter. Dans le cadre des débats que le NPA a eu trop brièvement sur ce terrain avec les forces du Front de gauche, le PCF a laissé planer le doute, en se réfugiant dans une formule générale selon laquelle il ne participera pas à un gouvernement qui mènerait une politique contraire aux intérêts des salarié-es, alors que Jean-Luc Mélenchon affirme, lui, à ce jour, qu’il ne participera pas à un gouvernement dirigé par le PS. D’autres forces existent qui se situent sur le terrain de l’anticapitalisme au sens large du terme et qui ont des correspondants dans le mouvement social et syndical. C’est notamment le cas des Alternatifs, de la FASE, des Communistes Unitaires ou d’Alternative Libertaire. Certains de ces courants (la majorité de la FASE et nos camarades de Convergences et Alternatives) ont rejoint le Front de gauche en souhaitant son élargissement, la re-discussion de son programme et que soient réunies les conditions d’un fonctionnement démocratique respectant toutes les composantes, et en misant sur une dynamique sociale et politique autour de cette candidature. D’autres courants, comme les Alternatifs mais aussi une minorité de la FASE, regrettent que le Front de gauche se soit construit sans l’ensemble des composantes à gauche de la gauche, leurs divergences avec ce dernier étant parfois très proches des nôtres. C’est dans ce paysage, traversé de contradictions, dynamique et mouvant en fonction des évolutions politiques et sociales, que le projet du NPA est tombé en panne, faute de perspectives unitaires. Le NPA aurait dû et pu intervenir activement dans la recomposition de la gauche antilibérale et anticapitaliste, afin de peser sur les évolutions à gauche : les références aux luttes sociales, l’indépendance à l’égard du PS, le refus de participer au gouvernement avec ce dernier, qui porte une orientation social-libérale. Les expériences locales et régionales, notamment celle de nos camarades du Limousin et du Languedoc-Roussillon, ont prouvé que notre positionnement politique pouvait faire bouger les lignes de force, ce que l’orientation nationale du NPA rendait pourtant difficile. Que ces expériences n’étaient pas généralisables dans toutes les régions ou au niveau national, notamment à cause de l’orientation du PCF qui ne voulait pas d’accord avec le NPA, ne change rien au fait que si ce dernier avait défendu partout une orientation unitaire conséquente, il ne serait pas apparu comme étant responsable ou partageant la responsabilité de l’existence de plusieurs listes à la gauche du PS. Le repli, l’enfermement du NPA sur lui-même ne se limitent pas à son incapacité d’intervenir vis-à-vis des organisations se situant à la gauche du Parti socialiste, mais touchent également son intervention dans les mobilisations et ses rapports avec les organisations de masse. Elle concerne également son incapacité à réfléchir à l’utilité d’élus anticapitalistes dans les institutions actuelles, afin de contribuer à la construction du rapport de force social. Elle concerne enfin le recul significatif de tout investissement dans le combat unitaire contre le fascisme. Le NPA doit être, plus que tout autre parti, non pas « en lien avec » mais « au cœur » du mouvement social. Mettre à bas le système capitaliste et le patriarcat suppose être là où se joue le conflit social dans toutes ses dimensions : résistance à l’exploitation et à toutes les formes d’oppression. Sur ce terrain aussi, nous avons rencontré plus que des difficultés. La conviction que militer dans les syndicats et les associations du mouvement social est une tâche politique aussi nécessaire que militer « NPA », n’est pas très ancrée dans l’organisation. C’est notamment le cas en ce qui concerne les organisations syndicales qui influencent pourtant encore fortement le monde du travail, quoi qu’on pense par ailleurs de l’orientation des directions syndicales sur le terrain revendicatif et sur celui de l’organisation de la lutte. Les investir doit être une priorité pour les militants anticapitalistes, pour en être les animateurs, pas pour témoigner. Cette sous-estimation de l’investissement du NPA dans les organisations syndicales et du mouvement social aboutit à une certaine déconnection entre le Parti et les luttes quotidiennes des exploité-es et opprimé-es, avec au final plusieurs écueils : • Une difficulté à penser nos propositions politiques autrement que comme une reprise/compilation des revendications phares du mouvement social ; ou inversement développer des mots d’ordre qui, pour justes qu’ils soient, restent peu en prise sur les luttes sociales concrètes. • N’avoir d’activité collective sur le terrain de la lutte des classes qu’au moment des grandes mobilisations (comme ce fut le cas pour les retraites en 2010), et pas dans la construction quotidienne du rapport de force, y compris dans les périodes « atoniques » qui posent des questions spécifiques aux militant-es anticapitalistes que nous sommes. • Conséquence des deux précédents : jouer sur un mode substitutiste par rapport aux organisations du mouvement ouvrier et du mouvement social, ce que résume l’expression « le parti des luttes », sans apporter grand-chose de plus. Au bout du bout est posée la question de la démarche transitoire : comment faire le lien entre les propositions politiques que nous pouvons avancer (comme l’interdiction des licenciements ou l’annulation de la dette par exemple) et l’état de conscience et de mobilisation réels des salarié-es ? Comment faire en sorte que nos propositions soient des leviers de mobilisation et pas des slogans incantatoires, et ce sans tomber non plus dans le para-syndical ? A l’encontre du repli que connaît le NPA sur le terrain unitaire, celui-ci doit se penser comme partie prenante de la construction d’un rapport de force large et porteur de dynamiques. Par exemple, participer à un collectif unitaire ou signer des appels unitaires qui ne reprennent pas l’intégralité de nos positions sur un thème n’est pas trahir la cause si ledit collectif, par la dynamique qu’il ouvre, permet de hausser le niveau de rapport de force sur le terrain de la lutte des sans papiers. Cela ne veut pas dire qu’il faut s’en tenir là, cela veut simplement dire que si on veut ouvrir des possibles, il faut en être. La perspective d’une alternance social-libérale appelle plus que jamais la construction d’une alternative politique de rupture avec le capitalisme, plus que jamais urgente et nécessaire, qui se propose de construire une opposition de gauche au gouvernement, par le développement des luttes et par la défense de mesures radicales. Le NPA en tournant le dos concrètement à toute bataille unitaire dans le cadre des prochaines échéances électorales en direction des forces anticapitalistes et antilibérales – courants et partis politiques, militants syndicaux et associatifs, animateurs de mobilisations et de luttes – s’est mis hors jeu. Les choix politiques majoritaires faits à la conférence nationale accentuent l’isolement du NPA. Ce NPA là ne ressemble plus au projet initial que nous avons contribué à lancer. Il cultive une politique auto-proclamatoire, assumant comme politiquement nécessaire l’isolement du NPA, bien loin de toute volonté de peser sur les évolutions politiques et sociales. Son capital de sympathie est très largement dilapidé. L’action des courants les plus sectaires vide le NPA de ses forces vives et de ses relations dynamiques avec les représentants du mouvement social La poursuite de cette orientation aurait pour conséquence de remettre en cause, de manière irréversible, son projet initial de construire un parti large, ouvert, unitaire et pluraliste. Nous ne renonçons pas pour autant à tenter par tous les moyens et à tous les niveaux de promouvoir concrètement cette politique unitaire en tant que courant et à poursuivre la bataille interne pour imposer un changement d’orientation. La géographie politique de l’élection présidentielle est fixée pour l’essentiel – seuls des événements qui ne dépendent pas de nous, pourraient la modifier en profondeur. Il existe cependant localement des possibilités d’accords unitaires dans le cadre des législatives qui peuvent être des jalons pour avancer dans la construction de l’alternative politique que nous avons indiquée. Nous devons les soutenir et les faire fructifier. Nous sommes tributaires du temps. Il nous faut nous donner les moyens à la fois de poursuivre le débat au sein du NPA pour convaincre une majorité de camarades que l’orientation décidée à la conférence nationale conduit dans une impasse, qu’une réorientation radicale est nécessaire, et d’intervenir sur le champ politique. C’est la condition pour juguler les départs et pour convaincre les camarades qui ont quitté le NPA à cause de son orientation isolationniste de participer à notre courant. Mais c’est aussi nécessaire car, pour construire une opposition de gauche après la présidentielle, c’est dès aujourd’hui qu’il faut rendre visible notre orientation politique. Cette opposition doit permettre le rassemblement des courants anticapitalistes et antilibéraux, de celles et ceux qui agissent dans les syndicats, les mouvements sociaux pour s’opposer à la politique du gouvernement et qui savent que le PS au gouvernement mènera lui aussi une politique d’austérité. Rassembler pour intervenir dans les prochaines mobilisations sociales et construire un bloc indépendant du PS (quel que soit le nom qu’on lui donne), c’est-à-dire ne participant ni à une majorité gouvernementale ni à une majorité parlementaire avec la social-démocratie et susceptible de se battre autour d’un programme de rupture. Nous défendons une conception de la construction unitaire et dynamique nécessaire : celle d’un front social et politique, large convergence de forces sociales et politiques, indépendant du social-libéralisme, qui nécessitera une confrontation générale et des redéfinitions, englobant la conception de comités unitaires à tous les niveaux sans verrouillage cartellisé de sommet. Tout en réaffirmant que faire l’impasse sur la réalité du champ politique à la gauche du PS conduit à l’échec assuré, il n’en reste pas moins qu’il est tout aussi essentiel de trouver les moyens pour que nombre de militant-es du mouvement syndical, social, associatif, qui aujourd’hui ne sont satisfait-es par aucune des offres politiques existantes, s’engagent pleinement dans la construction d’une alternative antilibérale et anticapitaliste. Notre courant continuera à œuvrer dans ce sens autour des échéances à venir. -dans les luttes et les mobilisations, en développant systématiquement un contenu et des formes d’organisation unitaires les plus larges possibles. De ce point de vue, la campagne sur la dette revêt une importance primordiale de par les enjeux politiques mais aussi parce qu’elle est au carrefour des débats au sein du NPA. -en intervenant politiquement sur le contenu des campagnes. -en défendant des candidatures partout où c’est possible sur notre profil politique, en toute indépendance vis-à-vis du PS et en poursuivant la recherche, autant que faire se peut, de démarches unitaires lors des prochaines élections législatives. Une politique spécifique sera menée en ce sens par notre courant, notamment dans les régions où il est majoritaire. -en multipliant les initiatives politiques unitaires, en participant aux débats publics sur tous les sujets, en développant notre offre politique, en lançant l’idée d’un manifeste pour la constitution d’une opposition de gauche au lendemain de la présidentielle, en cas de victoire du PS. -en adoptant un profil anti sarkozyste conséquent, en indiquant clairement que nous ferons tout, au second tour, pour le virer. Toute attitude à caractère abstentionniste ou indifférente au fait qu’il soit battu nous déconsidérerait à une échelle de masse. En ce qui concerne le Front de gauche, notre démarche ne se concrétisera pas par une demande d’adhésion au Front de gauche. Nous engagerons un débat public qui permette d’explorer les possibilités de convergences et de travail en commun. Dans le même temps, sans que cela constitue un palliatif à une démarche d’ensemble à l’égard des forces qui se situent à la gauche de la gauche, notre courant explorera les possibilités d’initiatives communes avec les forces dont nous sommes aujourd’hui les plus proches comme les Alternatifs, le MOC ou partie de la FASE. Nous agirons aussi dans le NPA pour tenter d’infléchir au maximum ses orientations concrètes, notamment autour des échéances de mobilisation : internationales, soutien aux révolutions arabes, Palestine, G20, mouvement des indignés ou campagne sur la dette. Notre orientation ne peut se résumer à une politique de front unique visant à la mobilisation la plus large. Nous devons l’accompagner d’initiatives politiques permettant l’expression commune, chaque fois que possible, des forces se situant à la gauche du Parti socialiste.

ANNEXE

Ces éléments de programme ont fait l’objet de discussion, d’amendements… lors des réunions préparatoires à la réunion nationale, et lors de la discussion en plénière du 5 novembre. La réunion en commission n’a pas eu le temps de retravailler dessusaussi, de nombreux amendements ayant été intégrés, y a-t-il quelques redites… Un travail de toilettage interviendra donc ultérieurement.

Eléments de programme non exhaustifs

o Augmenter les salaires et les revenus afin, déjà, de récupérer la part volée par les profits dans la répartition des richesses : plus 300 euros nets pour tous et toutes, échelle mobile des salaires, pas de revenus ni de minima sociaux en dessous de 1 500 euros nets, opérer un rattrapage des salaires féminins. o Bloquer les loyers, en les fixant y compris dans le secteur privé, et en créant un grand service public du logement. C’est ce qui permettra de garantir le droit au logement pour tous et toutes, mais aussi de proposer des logements bien isolés, sobres en consommation d’énergie. o Mettre en œuvre une réforme fiscale radicale taxant principalement les hauts revenus pour augmenter les salaires et les prestations sociales des plus démuni-es. o Bloquer les prix des produits alimentaires de première nécessité. La grande distribution et l’agro-business, les quelques centrales de distribution doivent cesser de dicter leurs lois tant aux consommateurs qu’aux producteurs afin que chacun-e ait accès à une nourriture de qualité dans un environnement sain. o L’agriculture doit d’urgence être mise hors de tout jeu concurrentiel et spéculatif ainsi que des règles de l’OMC et des traités européens. Une autre PAC est à mettre en œuvre. o La mise en culture des OGM et des agro carburants doit être interdite. o Défendre le droit des petits agriculteurs et des salarié-es agricoles à un revenu et une retraites décents. Notre politique agricole doit combiner le soutien à des exploitations de petite taille, réparties sur l’ensemble du territoire, répondant aux impératifs d’une production de qualité dans le respect de l’environnement, et accessible aux populations. o Moratoire sur tous les nouveaux grands projets d’infrastructures (autoroutes, LGV, aéroports) pour donner la priorité à des transports publics collectifs efficaces et reliant tous les territoires ainsi qu’à la préservation urgente du foncier agricole et naturel. o Défendre des conditions de vie décentes pour la population, ce qui passe par des services 100 % publics et une extension de la gratuité : santé, transports collectifs de proximité, télécommunications... Il s’agit de constituer de nouveaux «communs» en donnant accès à des biens et services hors des circuits marchands échappant à la domination qu’exerce le capital sur la consommation via la maîtrise de la production et le marketing. La mise en place de ces services publics implique une socialisation de leur gestion et de leur financement qui associe les consommateurs, les salarié-es et les représentations des collectivités publiques pertinentes. S’agissant de certains biens communs tels que l’eau ou l’énergie, la garantie du droit d’accès pour tous et toutes doit s’accompagner d’une maîtrise de leur utilisation pour des raisons écologiques. La gratuité de la consommation de base pour tou-tes les citoyen-nes doit donc être complétée par une taxation fortement progressive de la consommation excédentaire qui pénalise le gaspillage et les usages de luxe. o Combattre les précarités et le chômage par une réduction du temps de travail à 32 heures avec embauche proportionnelle obligatoire sans flexibilité, interdire les licenciements dans les entreprises qui font des profits et dans les entreprises de sous-traitance qui leur sont liées, rendre le chômage hors-la-loi en garantissant à tout-e salarié-e licencié-e le droit à des formations professionnelles avec maintien du salaire jusqu’à ce qu’il retrouve un nouvel emploi, supprimer tous les emplois précaires et leur substituer un contrat unique et stable (CDI dans le privé et emploi statutaire dans la Fonction publique et le secteur public) ; la réduction du temps de travail, en deçà de 35 heures, vers les 32 heures, sans annualisation ni flexibilité, avec obligation d’embauche correspondante doit permettre à tous et toutes de travailler. o Mettre en place d’un droit à l’autonomie pour les jeunes : allocation d’autonomie, rémunération de tou-tes les stagiaires et apprenti-es à hauteur du SMIC, rénovation et construction de logements étudiants, augmentation des APL, gratuité d’accès à la culture. o Abroger les mesures antisociales prises par la droite, à commencer par la loi Woerth sur les retraites et défendre le droit à une retraite pleine et entière à 60 ans, 55 ans pour les travaux pénibles. o Abroger les mesures portant atteinte aux libertés, y compris pour le droit de circulation des personnes, le droit à l’information et sur l’utilisation d’internet. o Abroger les réformes qui cassent les services publics, notamment dans la santé, l’éducation, l’enseignement supérieur et la recherche. o Défendre, développer ou rétablir les services publics dans tous les domaines, poste, transports, télécommunications, énergie etc. o Combattre toutes les formes d’oppression des femmes, l’image sexiste et dégradante de la femme qui est véhiculée et utilisée par la société capitaliste mais qui lui est également transversale : -En rattrapant les inégalités salariales entre femmes et hommes. -En garantissant le droit des femmes à disposer de leur corps, à l’IVG libre et gratuit, y compris les mineures et les sans-papiers -En luttant contre le déterminisme de genre, notamment dans la filière éducative. -En instaurant une loi cadre contre les violences faites aux femmes et en se donnant les moyens de la mettre en œuvre. -En développant, en lien avec les associations féministes et LGBTI, des cours d’éducation sexuelle au collège et au lycée. o S’engager résolument et rapidement dans la sortie du nucléaire : arrêter les réacteurs nucléaires de plus de 30 ans, stopper les nouveaux projets portés par l’industrie nucléaire française aussi bien en France qu’à l’étranger... Pour une sortie du nucléaire en 10 ans. o Exproprier les multinationales de l’énergie et planifier dans le cadre d’un service public de l’énergie sous le contrôle des salarié-es et de la population le développement des énergies renouvelables, la sobriété et l’efficacité énergétique ainsi que le maintien des emplois et le reclassement collectif des tou-tes les salarié-es de la filière. Ce service public aurait pour tâche de mettre en œuvre des tarifs associant gratuité des consommations pour assurer les besoins sociaux et tarifs fortement progressifs pour lutter contre les gaspillages. o Adopter un plan de transition écologique contraignant et global permettant de stopper les productions inutiles ou dangereuses, de modifier les types et modes de productions ou d’exploitations notamment en matière d’énergie, de transport, de construction, de production agricole et alimentaire, et assurant réellement la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la lutte contre le changement climatique, ainsi qu’une place réelle pour la maîtrise locale des productions énergétiques et les choix démocratiques en la matière. o Exproprier les banques et les compagnies financières et mettre à leur place un service public bancaire sous le contrôle des travailleurs et de la population. o Remettre en cause la dette qui au nord comme au sud étrangle les peuples en vue de son annulation, suspendre immédiatement le paiement de la dette publique partout, c’est•à-dire exiger un moratoire immédiat et un audit démocratique et populaire de la dette publique, l’ouverture des livres de comptes : un tribunal de la dette. o Organiser le soutien aux peuples en lutte contres les dictatures, la dette et la misère. o Combattre l’impérialisme en se prononçant contre toute intervention militaire occidentale, pour le retrait des troupes françaises stationnées à l’étranger, pour la sortie de l’OTAN. o Soumettre les ventes d’armes au contrôle de la population afin que ne soient plus soutenues par la France les dictatures sanguinaires du Sud et les guerres impérialistes. o Lutter contre le racisme : régularisation, droit de vote, égalité, liberté de circulation et d’installation, abrogation de toutes les lois sécuritaires et anti-immigré-es votées ces dernières années ; s’opposer aux violences policières. o Défendre l’égalité totale des droits (mariage, parentalité, séjour...) entre homosexuel-es et hétérosexuel-es et le droit au changement d’état civil pour les transexuels. o Défendre les droits et les libertés démocratiques pour en finir avec les institutions antidémocratiques de la V° république en France et du Traité de Lisbonne en Europe. Pour un processus constituant permettant de faire trancher par la population l’ensemble des questions permettant de réorganiser la société sur de nouvelles bases : c’est-à-dire pas seulement l’organisation des pouvoirs mais aussi le droit des travailleurs, le droit des femmes, les services publics… Ce qui implique de favoriser toutes les formes d’auto•organisation, de démocratie active et directe, de prise en charge par la population de ses propres problèmes. o Contribuer à la politisation pour l’émancipation sociale des habitant-es des quartiers populaires qui subissent des oppressions croisées et sont particulièrement touché•es par l’exploitation capitaliste ainsi que le recul des droits sociaux. Dénoncer et combattre les violences policières qui s’exercent en particulier envers ces populations. Défendre la légitimité de la colère issue des quartiers populaires et des formes d’auto-organisation visant à combattre l’exploitation et les oppressions.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.